Quelle question !
Notre protestantisme luthéro-réformé français part de la liberté d’interprétation des textes bibliques pour soutenir la pluralité doctrinale en son sein : « Tout est permis, mais tout n’est pas utile » (1Cor.10,23). Cela nous appelle à un accueil inconditionnel. Une tendance dite évangélique peut ainsi y trouver sa place.
Les membres de tendance évangélique de nos Églises locales alertent souvent contre le laxisme moral (ils peuvent s’appuyer sur une morale dite biblique, fondée souvent sur une lecture littérale et fondamentaliste de la Bible) et doctrinal (leur orthodoxie, ou droite doctrine, tend à défendre une culture/doctrine biblique, prudente vis-à-vis de toute réflexion influencée par les sciences humaines ou d’autres disciplines : philosophie, psychologie, anthropologie, sociologie, etc.). Ils rappellent aussi l’importance de l’évangélisation, qu’ils font souvent passer avant l’action sociale, ou comme finalité de celle-ci.
Ce qui caractérise surtout cette tendance se trouve dans son rapport à la Bible. Elle insiste sur la primauté du principe sola scriptura des Réformateurs protestants du xvie siècle : l’Écriture sainte seule, considérée comme « Parole de Dieu ». Il peut arriver aux tenants de cette tendance de se méfier de toute diversité d’interprétations de la Bible, et notamment de la méthode historico-critique appliquée aux textes bibliques.
En matière d’éthique, la tendance évangélique s’appuie souvent sur une lecture littérale de certains versets bibliques pour interdire l’homosexualité (Gen.18), l’avortement et/ou l’euthanasie (Exo.20).