Qu’est-ce que l’Eglise pour vous ?

FAQ "L'Eglise est-elle divine ou humaine ?"

Quelle question !

« Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je serai au milieu d’eux. » (Mat.18,3) Notre protestantisme luthéro-réformée français interprète ce texte en y entendant que l’Église découle de la grâce de la présence de Dieu en Christ, sa Parole vivante, et non l’inverse.

Pour les Réformateurs protestants, l’Église présente deux aspects, l’Église visible et l’Église invisible. L’Église invisible est l’ensemble de la famille tous les enfants de Dieu, en tout temps et en tout lieu, dont lui seul connaît les membres. Elle se rend actuel, présent au cours d’un événement qui a lieu quand la Parole de Dieu est entendue à travers une proclamation verbale ou non. L’Église visible est une assemblée convoquée pour être témoin de cet événement. L’Église visible est humaine et est dressée en institution au sein de la société. En France, elle est appelée à mette en place une association cultuelle, pour la représenter juridiquement.

Une Église visible est appelée à témoigner de ce qu’elle est déjà devant Dieu en tant que corps invisible du Christ. Certes, la coexistence de l’Église avec le monde implique des influences du monde sur le développement de l’Église, néanmoins il y a opposition entre l’Église visible et l’Église invisible. La totalité des influences de l’Esprit forme l’Église invisible, tandis que ces mêmes influences, n’agissant pas pour elles-mêmes mais de concert avec les perturbations qui proviennent des influences du monde et polluent toutes les influences de l’Esprit sur le phénomène, forment l’Église visible.

Les 500 ans de la Réforme protestante !…

Du temps de Zwingli, à Zürich, en 1524, l’Église visible (de Mat.18, 15-20) était identifiée avec la Cité chrétienne. Du temps de Calvin, en 1539, l’Église visible (de Mat.18) était identifiée à l’Église de Genève, régie par une discipline : il y avait, dans cette Église visible, des régénérés et des non régénérés (Institution p.312). L’Église visible n’est qu’un moyen, mais un moyen indispensable (p.313). Elle cherche à témoigner, devant les humains, de ce qu’elle est déjà, devant Dieu, corps du Christ.

Dans sa première lettre aux Corinthiens, l’apôtre Paul dit : « Vous êtes le corps du Christ » (1Cor.12,12-27). Le corps du Christ représente la famille de Dieu. Ses membres sont les enfants de Dieu. Or, Dieu seul connaît qui sont véritablement ses enfants. Voilà pourquoi Luther et Calvin disaient que l’Église en tant que corps du Christ est invisible. De même, notre confiance en Dieu (notre foi), est une réalité intérieure, dans notre cœur, que personne d’autre ne peut voir, sauf Dieu seul. Elle se rend visible par notre témoignage, par nos engagements, par notre spiritualité, par notre manière de vivre la foi.

L’Église visible est sans cesse réformée par la Parole de Dieu. Dans l’évangile de Jean (ch.10), Jésus est à la fois le berger et la porte. Le berger jette le troupeau dehors pour lui donner la nourriture dont il a besoin. La porte ouvre une brèche dans tout enclos. La porte mène au troupeau qui est dehors ou dedans. La porte casse les frontières entre le dehors et le dedans. La mission de l’Église est de suivre le Christ Parole de Dieu en transhumance. Mais aussi de laisser la porte la réformer sans cesse.

Au 16e siècle, les Réformateurs protestants ont proposé quelques principes : soli Deo gloria, sola gratia, sola fide, solus Christus, sola scriptura, le sacerdoce universel. Au 17e siècle (Jodocus van Lodenstein, Amsterdam, 1674-1678), un autre principe spécifique à notre christianisme protestant réformé a été ajouté : ecclésia reformata semper reformanda, « une Église réformée sans cesse à réformer » par la Parole de Dieu pour porter celle-ci dans tout contexte en tout temps et en toute circonstance. Il s’agit d’un principe d’adaptation incessante : quelle que soit notre taille, notre situation dans le monde, etc.

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