Quelle question !
Lorsque Jésus dit : « Je suis venu pour que vous ayez la vie, et la vie en abondance » (Jea.10,10), j’entends qu’il s’agit d’une vie autre que celle corporelle, physique, anatomique, mais qui s’incarne dans celle-ci. Celui qui croit en lui passe de la mort à la vie. C’est de cette personne suscitée par le Christ dans notre for intérieur que le philosophe Emmanuel Kant parle lorsqu’il dit : « Agis de telle sorte que l’humanité, que ce soit dans ta personne ou dans celle d’autrui, soit toujours considéré comme une fin en soi, et jamais comme simplement un moyen » (Deuxième impératif catégorique). Notre protestantisme affirme que « cette vie éternelle jaillit dès aujourd’hui d’une rencontre vivante avec Dieu » (Liturgie d’obsèques, 1996). Et la lettre aux Colossiens dit que « cette vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col.3,14).
Voilà pourquoi la personne bien-aimée de Dieu est plus importante pour nous que la vie matérielle. La personne humaine d’un enfant commence dans le désir et les mots des parents qui l’appellent par son nom, et/ou qui parlent de lui, avant et/ou après sa naissance. Et cette même personne est plus importante que la vie corporelle concernée par l’euthanasie ou les soins médicaux ou palliatifs.
Cela nous appelle à respecter la dignité, la responsabilité et la liberté de toute personne, indépendamment de sa vie corporelle.